08 janvier
- 12 mars 2022
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Paris

76 rue de Turenne

75003 Paris France


2bis avenue Matignon

75008 Paris France

Perrotin organise pour la première fois une exposition monographique d’Yves Laloy (1920 Rennes - 1999 Cancale) dans deux de ses espaces avenue Matignon et rue de Turenne, au travers d’une cinquantaine d’œuvres. L’artiste n’avait pas eu de grande exposition depuis une rétrospective au Musée des Beaux-Arts de Rennes en 2004. Deux œuvres emblématiques de Laloy des collections du Musée sont exceptionnellement présentées à cette occasion, ainsi que nombre de prêts privés.

Vue de l'exposition “ Vision “ à Perrotin Paris. Photo : Claire Dorn. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin. Collection Musée des Beaux-Arts, Rennes.
Vue de l’exposition " Vision " à Perrotin Paris. Photo : Claire Dorn. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin.
Vue de l’exposition " Vision " à Perrotin Paris. Photo : Claire Dorn. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin.
Vue de l’exposition " Vision " à Perrotin Paris. Photo : Claire Dorn. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin.
Vue de l’exposition " Vision " à Perrotin Paris. Photo : Tanguy Beurdeley. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin.
Vue de l’exposition " Vision " à Perrotin Paris. Photo : Tanguy Beurdeley. © Laloy / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin.

Yves Laloy commence une carrière d’architecte avant de se tourner définitivement vers la peinture en 1950. Dès ses débuts, il expose dans les galeries surréalistes parisiennes où ses calembours et son ironie trouvent une résonance toute particulière. En 1958, André Breton lui organise une exposition à la Galerie La Cour d'Ingres et signe un texte élogieux dans la préface du catalogue. Quelques années plus tard, Breton choisit Les Petits pois sont verts, les petits poissons rouges... (1959) pour illustrer la couverture de son ouvrage Le Surréalisme et la peinture. Laloy lui-même n’a jamais adhéré au mouvement surréaliste, il a développé son oeuvre autour d'un vocabulaire plastique multiple allant de compositions géométriques d’une grande rigueur à une figuration de mondes ondoyants et cosmogoniques. Ses œuvres ont été montrées à Paris, Milan, Bâle, et dans des expositions consacrées au surréalisme, jusqu’à celle organisée en 1991 au centre Pompidou en hommage à André Breton. Sa nature indépendante et la rareté de son œuvre lui ont conféré un statut d'artiste assez confidentiel, connu principalement des amateurs d'art surréaliste.La polyphonie de cette œuvre inclassable et la curiosité non conventionnelle de l'artiste invitent aujourd’hui à regarder sous un jour différent ces tableaux pleins des mystères du cosmos, de la mer et de son inconscient.

Yves Laloy, Untitled | Sans titre, 1972 Oil on canvas | Huile sur toile, 19 7/8 x 26 15/16 inch | 50.5 x 68.5 cm.

La formation d’architecte qu’a suivi Yves Laloy a une grande influence sur sa technique. Avant même d’utiliser peintures et pinceaux, l’artiste trace au crayon la moindre forme et contour de ses compositions directement sur la toile, à plat, au tire ligne avec un té ainsi qu’avec l’aide de règles, compas et équerres. Mécaniquement, ensuite, il appose une couche picturale légère et précise, très souvent sans modelés et sans ombres. La palette de couleurs est très vive, elle joue sur les contrastes et s’exprime très souvent avec violence ou passion.

« Ma peinture repose sur un dessin linéaire : ce sont des traits qui composent un labyrinthe parcouru par le fil d’Ariane, qui est le fil de la pensée. Dans ce labyrinthe, je me perds et je me sauve. Parti d’un point, c’est par une suite de points que je reviens au même point : ainsi, ce que je peins, en un sens ne m’avance à rien. J’ai représenté un circuit fermé, […] ce que j’ai figuré, c’est un cycle, c’est une étape. »

— Lettre de Yves Laloy à ses parents, non datée.

« Ma vocation de marin est tombée à l’eau !

Je ne suis pas coulé pour autant !

La mer, c’est beau, c’est grand !

C’était un rêve de solitude.

Rester à terre : jamais !

Mieux vaut avoir la tête en l’air et passer pour un artiste. »


Catalogue raisonné : Yves Laloy, éd. Skira, 2014, p. 21


La mer est un élément central dans la vie et l’œuvre d’Yves Laloy. Avec pour port d’attache Cancale en Bretagne, il était connu pour ses pêches miraculeuses avec pourtant des moyens rudimentaires. La mer est également le sujet même de ses premières compositions (à la fin des années 1940 jusqu’au début des années 1950) : il s’intéresse tant à la lumière qui se pose sur les vagues qu’aux petits bateaux de pêcheurs qui amarrent près des plages. Quelques années plus tard, la mer est toujours présente dans une partie de son œuvre qui se constitue d’un répertoire de formes plus large. Qualifié de biomorphique, c’est un univers de formes organiques et sous-marines, de créatures mi-réelles et mi-imaginaires dans lesquels se côtoient, dans certaines séries, des éléments purement géométriques.

En 1958, André Breton fait déjà allusion à cette iconographie : « La sorte d’ultra-monde que nous découvrent les toiles d’aspect géométrique d’Yves Laloy le cède parfois, dans d’autres toiles, à un infra-monde, non moins le sien et qui ne saurait être moins précieux que le précédent, en tant qu’il nous dénude l’autre pôle de l’accumulateur. En cet infra-monde gravitent des êtres hybrides, participants essentiellement des céphalopodes et précipités dans un train d’ondes à croire que s’y raniment toutes les houles de Gavr’inis ».

Bien que Yves Laloy s’attèle à des sujets qui sont universels : la mer, l’homme, la faune ou la foi, il les aborde de façon surprenante, à travers des représentations étranges et insolites ou magiques. Lorsqu’il représente un corps humain ou animal, apparaissent des créatures aquatiques qui remplacent parfois les principaux traits d’un visage par exemple dans Les petits pois sont verts... les petits poissons rouges (1959). Dans Monstrum in animo (c. 1955), Yves Laloy place une méduse dans le corps de l’oiseau majestueux au plumage composé de formes géométriques et d’un ensemble d’artifices formels. Ce raffinement pictural, tout comme l’humour et les jeux d’écriture ont été particulièrement appréciés par André Breton et les artistes surréalistes.

« L'œil et la vision, l'œil et le sexe, l'œil, et plus précisément le regard, ont fasciné Yves Laloy. Cette attirance pour la vision prend une grande importance dans la quasi-totalité de ses œuvres que l'on peut qualifier de figuratives. Il rejoint en cela les préoccupations des surréalistes, qui confèrent à l'œil et à la vision des attributs quasi magiques. »

Catalogue raisonné : Yves Laloy, Suzanne Nouhaud-Duco, éd. Skira, 2014, p. 49

« L'hommage d'André Breton à Laloy, dans Le Surréalisme et la Peinture entre en résonance avec la première phrase du livre, devenue célèbre : « L'œil existe à l'état sauvage... ». Dans cet éloge de la vision, Breton dit son admiration pour Laloy et les peintres qui « voient au delà du visible ». Cette qualité est pour lui primordiale, aussi bien chez un poète que chez un peintre. Laloy a insisté sur le regard. Même dans les tableaux mettant en scène la flore et la faune sous-marines, les méduses et les crustacés sont personnifiés et leurs yeux exorbités. Les visages humains surprennent toutefois par l'omniprésence de leurs regards. Dans le tableau Homme âge à Dante, qui contient aussi plusieurs thématiques, Laloy donne à chaque personnage un regard expressif, avec des couleurs fluorescentes : la douleur, l'étonnement, la méchanceté ou la terreur sont exprimés avec force. Les corps irréels et déstructurés se fondent dans un magma sombre aux teintes brunes et noires, mais ce qui frappe dans ce tableau, c'est d'abord la vivacité des yeux horrifiés, témoignage de la violence des châtiments infligés aux damnés. Le visage et les yeux, stylisés à l'extrême, sont d'une expressivité surprenante. »

Catalogue raisonné : Yves Laloy, Suzanne Nouhaud-Duco, éd. Skira, 2014, p. 49-50


"A vrai dire, quand je regarde mes peintures, je me demande ce que j'étais en train de penser en les réalisant. Ces choses relèvent de l'inconscient."

Yves Laloy

— Suzanne Nouhaud-Duco in "Yves Laloy : déconcertant, merveilleux"
YVES LALOY

Né en 1920 à Rennes, France

Décédé en 1999 à Cancale, France

Architecte de formation, Yves Laloy s’oriente vers la peinture en 1950 et expose dès ses débuts dans les galeries surréalistes à Paris. Son œuvre se caractérise par un vocabulaire plastique multiple à travers des compositions géométriques d’une grande audace picturale et des tableaux figuratifs empruntant des thèmes au Surréalisme. André Breton a découvert son œuvre et soutenu l’artiste avec admiration dès 1958 et jusqu’à la fin de sa vie. Il a d’ailleurs choisi une œuvre de Laloy pour illustrer la couverture de son fameux ouvrage Le Surréalisme et la Peinture qu’il a réédité en 1965. L’artiste a été particulièrement influencé par les arts non occidentaux, notamment ceux des Navajo en Amérique. Il se laisse guider par des formes qui se multiplient et qui l’entraînent, dans une quête personnelle qui est avant tout spirituelle. L’écriture, sous la forme de calembours, s’inscrit parfois dans la composition de ses peintures et de ses dessins. En 2004, Yves Laloy a fait l’objet d’une grande exposition monographique au Musée des Beaux-Arts de Rennes, France.



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