29 août
- 10 octobre 2020
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PARIS

76 rue de Turenne

Pour sa deuxième exposition à la galerie de Paris, Izumi Kato a réuni une assemblée de créatures étranges et si diverses qu’il semblerait que tout un macrocosme soit convoqué afin de témoigner de la complexité et de la beauté des mondes qu’il explore.


Il présente ici une diversité de formes et de techniques qui témoignent d’une complexification du panthéon surnaturel que l’artiste japonais développe depuis près de deux décennies.

De l’œuvre d’Izumi Kato (né en 1969 à Shimane), il est impossible de ne pas tout d’abord avoir à l’esprit, quand il s’agit de décrire son travail, les formes humanoïdes aux grands yeux et aux protubérances naturelles en bois, en toile ou en vinyle. De prime abord, l’étrangeté de son travail, ces créatures aux dimensions variables, leur prolifération, cette curiosité d’être systématiquement apode, tout semble a priori nous rapprocher d’une figure d’Alien et nous ne savons pas si ces créatures sont hostiles ou bienveillantes.

Cette année 2020 marque l'une des rares fois ou je suis resté à un seul et même endroit pendant longtemps. J'aime construire des maquettes, je choisis celles de robots vintage, d'animaux et créatures qui m'étaient familier lorsque j'étais enfant. J'en ai construit beaucoup et je me suis demandé si je ne pouvais pas les transformer en œuvres d'art. Par conséquent, j'ai créé une série de sculptures et j'y ai incorporé ces maquettes. De plus, les cartons d'emballage vintage de ces maquettes sont très cool - même si je n'ai aucune idée de qui les a conçus. Je fais des œuvres plates et je les utilise comme inspiration.



— Izumi Kato

Izumi Kato semble vouloir se libérer de toutes les contraintes et ne se laisser brider que par sa seule créativité. Ce n’est donc pas anodin s’il dit s’intéresser depuis toujours à l’art brut. La spontanéité de ces œuvres, dégagées le plus souvent des codes de l’histoire de l’art, partagent avec ses propres peintures ce diktat simple mais essentiel, la liberté. Liberté technique déjà, que l’on retrouve dans les portraits de Jean Dubuffet avec l’œuvre duquel de nombreux parallèles pourraient être développés. Sans aucune obligation d’excellence et de résultat, Kato cherche avant tout à exprimer librement la forme, la couleur, et cherche à sculpter ses figures d’une manière si naturelle et simple qu’il en vient finalement dans sa peinture à abandonner les pinceaux pour utiliser ses propres doigts.

Mes sujets sont des figures humaines, mais je ne me penche pas du tout sur les mécanismes réels du corps et ce ne sont pas des personnes réelles mais des formes humaines que je produis avec une grande liberté car ce sont, après tout, des peintures et des sculptures. En d'autres termes, ce qui m'intéresse, ce n'est pas la structure du corps. Les contours ou formes humanoïdes sont simplement des moyens que j'ai utilisés pour créer des œuvres d'art.

— Izumi Kato (pour Art World)

En à peu près vingt-cinq ans de création, l’évolution du travail d’Izumi Kato s’est traduite en glissements progressifs et réguliers, sans à coup violent, avec des modifications lentes tant dans la composition que dans les sujets, la technique ou encore la palette.

Je pense que je ressemble à un athlète dans ma façon de travailler. Il s'agit de prendre des décisions et d'utiliser votre talent. Dans le football, le temps de pratique importe peu, lorsque vous jouez un match, vous ne recevrez jamais la même passe que celle que vous aviez reçu à l'entraînement. C'est là que le talent se manifeste, car une personne qualifiée pourra affronter l'inconnu et réagir instantanément de la meilleure façon possible.



— Izumi Kato

Sans leur donner la parole ou même un regard, Izumi Kato leur permet, notamment grâce à leurs attitudes et à leur simple présence, de dégager d’intenses émotions. Celles-ci, à travers les connexions qui s’installent entre le spectateur et ses sculptures, se traduisent parfois en une sorte d’étrange vibration qui en font des polarisateurs d’énergies, et c’est peut-être cet échange indéfinissable qui leur confère une aura en dehors du temps et de l’espace.


– Texte de Matthieu Lelièvre

IZUMI KATO AT PERROTIN PARIS
Izumi KATO

Né en 1969 à Shimane, Japon
Habite et travaille entre Tokyo, Japon et Hong Kong, Chine

Des enfants aux visages troublants, des embryons aux membres pleinement développés ou les esprits d’ancêtres enfermés dans des corps aux formes imprécises : les créatures réunies par Izumi Kato sont aussi fascinantes qu’énigmatiques. Leurs silhouettes anonymes et leurs visages étranges, aux traits absents, sont avant tout de simples formes aux couleurs fortes. Leur représentation élémentaire, une tête ovale avec deux grands yeux d’une insondable profondeur, n’est pas sans rappeler les arts primitifs. Leurs expressions évoquent des totems et la croyance animiste qu’une force spirituelle coule dans le monde vivant comme dans le monde minéral. L’aura que dégagent ces personnages semble manifester le premier mouvement de vie, tandis que l’intensité de leur expression nous donne accès à une connaissance de l’homme fondée moins sur la raison que sur l’intuition. Incarnant une forme universelle, primitive de l’humanité, ces êtres magiques invitent le visiteur à s’identifier à eux, comme s’il se regardait dans un miroir.


Né en 1969 à Shimane au Japon, Izumi Kato obtient un diplôme du Département de Peinture à l’Huile de l’Université de Musashino en 1992. Il vit et travaille désormais à Tokyo. Depuis les années 2000, Kato suscite l’attention grâce à ses expositions au Japon et dans le monde. En 2007, il est invité à la 52e exposition internationale de la Biennale de Venise, dont le commissariat était assuré par Robert Storr.

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